Figure majeure dans le domaine des arts médiatiques au Québec, Louise Poissant s’intéresse autant aux arts réseaux, robotiques que numériques. Auteure de nombreux articles et ouvrages collectifs, on lui doit la publication du Dictionnaire des arts médiatiques (PUQ, et Leonardo, MIT Press) dont la version électronique, diffusée depuis 1997, puis arrêtée momentanément, sera très bientôt réactivée. Parmi ses nombreuses activités dans le domaine, elle a co-scénarisé une série sur les arts médiatiques en collaboration avec TV Ontario et TÉLUQ, collaboré à une série de portraits vidéo d’artistes avec le Musée d’art contemporain de Montréal et dirigé deux groupes de recherches à l’UQÀM. Ses recherches actuelles portent sur les arts biotechnologiques et sur les nouvelles technologies appliquées aux arts de la performance. Depuis avril 2006, elle est doyenne de la Faculté des arts de l’UQÀM.
Christine Palmiéri : Les productions artistiques utilisant les nouvelles technologies électroniques font partie depuis au moins vingt ans du paysage québécois, comme en témoignent celles de Luc Courchesne ou de Nicolas Reeves. Quels ont été les acteurs qui ont contribué à cette évolution ?
Louise Poissant : La scène québécoise est réputée mondialement pour les arts médiatiques. Plusieurs facteurs y concourent sur le plan historique : notre courte histoire sur la scène de l’art international avec des médiums classiques, d’où une disposition très avantageuse pour de nouvelles formes d’art; les activités avant-gardistes et audacieuses, dès les années quatre-vingt, d’Hervé Fischer avec Images du Futur, qui a fait venir à Montréal plusieurs pionniers de ces formes d’art, et qui a contribué à la fois à familiariser le public d’ici à ces formes d’art, et à placer Montréal sur une scène internationale. Sur le plan des infrastructures, il faut parler de l’exceptionnelle vitalité de différents centres d’arts médiatiques, qui dès le début des années 1970 (Vidéographe), offraient des formations et des équipements pour les artistes. Ces nombreux centres éparpillés dans différentes régions du Québec œuvrent d’ailleurs en collaboration pour offrir des ressources compétitives sur le plan international. Les départements d’art ont aussi joué un rôle prépondérant dans la formation d’une relève compétente, et ce, dès les années 1980, au moins une décennie avant la plupart des universités européennes. N’oublions pas le rôle prépondérant, sur la scène locale et internationale, de la Fondation Daniel Langlois, qui a contribué à associer Montréal à des réalisations d’envergure internationale et qui a monté un centre de documentation qui figure certainement parmi les mieux dotés. Enfin, les très nombreux colloques, expositions, festivals qui se tiennent chez nous font du Québec l’un des lieux les plus dynamiques dans le domaine. Certes, rien de tout cela ne serait possible sans le travail et le succès des très nombreux artistes qui ont choisi d’explorer sur ce terrain.
C. P. : Le dictionnaire électronique des arts médiatiques que vous avez dirigé couvre une dizaine de domaines, qui vont de la copigraphie aux technologies de pointe (satellite, fibre optique, laser, plaques photovoltaïques) en passant par l’holographie, l’art cinétique, les hypermédias, les installations interactives multimédias, les performances de réalité...(extrait)
ETC