Les concepts de spectacle, spectacularisation, spectateur et sans oublier l’affreux néologisme spectacteur font les beaux jours de la critique scientifique depuis les années soixante-dix. De nombreux amalgames théoriques entre féminisme, marxisme, sémiotique et études médiatiques pour ne mentionner que ces champs disciplinaires façonnent et pétrissent ce point de vue du regardant, et il va de soi que l’évolution des pratiques artistiques des quarante dernières années se montre intimement liée à ces préoccupations théoriques. Aussi, tout comme le concept d’installation, la perception du rôle et de l’idée même de spectateur s’est transformée radicalement. Dans l’idée friedienne, le concept de sujet universel, fortement redevable de la pensée kantienne, n’est plus du tout défendable aujourd’hui. Qui plus est, l’idée d’un regardant passif semble aussi révolue. Le spectateur serait aujourd’hui accueilli dans sa spécificité et sa diversité, et toujours engagé dans l’action… Nous serions à l’ère de la participation… Résultant bien souvent d’une volonté d’interactivité avec le public, ces pratiques artistiques qui sollicitent la participation du spectateur sont omniprésentes dans la création actuelle. Que penser de cette nouvelle nécessité désormais quasi incontournable de confrontation...(extrait)
ETC