« Fable », ce mot est depuis toujours lié au récit (1155, du latin fabula), il fut construit sur des étymologies du mot « parler », un récit oral donc, mais qui très vite s’exprima à travers l’écrit pour désigner le sujet d’un récit, imaginaire ou non, une moralité, voire une « allégation mensongère ». Si la fable est un sujet courant d’interrogations littéraires, il est moins usuel dans le champ artistique, où l’on développe parfois une véritable méfiance à son égard. Et pourtant, elle pourrait être l’un des moyens essentiels de la relation qui lie le spectateur à une œuvre, son vecteur majeur. Car à travers la fable, c’est toute la reconnaissance et l’intégration de l’œuvre qui sont en jeu, désignant autant le positionnement du spectateur face au monde que celui de l’artiste. Ainsi, l’univers de Duane Michals relève à la fois de la narration pure (avec des séquences en images illustrant un épisode, qui lui-même renvoie à des récits connus : Le fils prodigue, par exemple) et du carnet de bord, voire du journal intime de l’artiste et de l’œuvre en création. Ses photographies s’accompagnent, ou contiennent, de nombreuses traces écrites, qui sont la fable de la fable...(extrait)
ETC