La forte présence en art actuel de contenus créant fables et fabulations justifie à elle seule la présentation sur le sujet d’un dossier en deux volets, dont celui-ci est la dernière partie. Sans toutefois participer à un mouvement entendu ou homogène, plusieurs artistes puisent à même les références à différents moments de l’histoire de l’art contemporain et leur donnent de nouvelles avenues théoriques et esthétiques, créant de nouveaux discours, souvent liés au social, à la perte ou la transformation consciente des valeurs ou à une difficile quête du sens, voire à la recherche du récit absolu.
C’est dans le corpus particulier d’une recherche littéraire que l’artiste autrichien Klaus Scherübel puise pour concrétiser et actualiser l’archéologie d’une relation inventive et périphérique à l’objet, entre autres, et qu’il propose par ses œuvres les suites du projet Mallarméen inachevé, voire irréalisable dans ses visées substantielles : Le Livre. Par l’appropriation et la mise en application formelle d’une épistémologie fictive d’un projet littéraire, Scherübel devient à la fois auteur, critique et analyste d’un ouvrage appelé à embrasser tous les corpus possibles, et poussant ainsi à leur extrême limite les frontières entre le concret et le virtuel. Concluant un ensemble d’actions associées à une même recherche, son exposition Mallarmé, Le Livre, présentée au Centre Optica de Montréal, du 22 avril au 28 mai 2005, proposait la partie visuelle et audiovisuelle d’une présentation en trois volets. Cette exposition fut précédée d’un lancement à la Librairie Olivieri du Musée, et d’un colloque qui s’est tenu au Musée d’art contemporain de Montréal, autres parties du projet multidisciplinaire de Scherübel ayant pour titre générique Mallarmé,
Le Livre...(extrait)

ETC