Aborder la fable par le récit, celui que les artistes introduisent tout particulièrement à l’art de la performance, pose plusieurs questions. Celle de la définition de la fiction comme représentation d’un manque est à priori intéressante. Elle nous donne des pistes théoriques qui touchent à la notion de vérité. Or, en introduisant l’idée de vérité celles du leurre, du mensonge et de l’erreur émergent aussi. La fiction est alors vue comme un déficit. Un pôle par rapport à l’idée que chacun se fait de la réalité ou du factuel. Une seconde question ou une seconde approche nous fait adhérer à la position que défend Jean-Marie Schaeffer. Selon celui-ci, une interrogation sur le fonctionnement de la représentation à travers des fictions cognitives et des fictions ludiques serait plus constructive. Elle définirait la fiction par rapport à l’usage ou à ce que Hume nomme croyance. Les fictions cognitives font partie du fonctionnement de l’esprit humain. Elles sont spontanément produites par la raison et s’imposent comme des évidences. Elles sont le résultat de l’imagination sous l’influence d’habitudes dûes à la multiplication des perceptions...(extrait)

ETC