La peinture dit ce que je déduis de ce qu’elle montre. Muette, l’image parle par (et de) ma propre affabulation. Cette parole orientée est indiciaire de ce qui particularise ma réception. S’y révèle également ma part d’aveuglement face à l’image. Mon interrogation va comme suit : pourquoi l’artiste élabore-t-elle son image comme elle le fait, quels indices en témoignent, et que montre l’image de cela ? Je fabule d’arriver à ce qui fonde son désir d’image. De tout cela, je sais à la fin ce que je me suis dit de ce que j’ai vu. Guère plus. La morale de ma fable est à la mesure illusoire de mon théorème. L’exposition de Christine Major, dont les tableaux rappellent l’œuvre de Gilles Aillaud, est composée de cinq tableautins d’environ 26 cm x 20 cm, et de six grandes toiles, dont un diptyque, d’environ 152 cm x 183 cm. Les titres de ces derniers sont, de gauche à droite : L’Atelier, Éléphants, La cage du singe, Habitacle, Tigre, Chiens sauvages. Le tout est présenté dans la salle Jean-Noël Desmarais du Musée des beaux-arts de Montréal. Dès l’abord, je suis surpris par l’aspect étonnamment clos de la présentation. De ce qui semble constituer une simple itération du titre et du texte accompagnant l’exposition. De l’évidence du propos où chaque tableau semble reprendre ce qu’a amplement souligné le précédent, et où chaque image est une autre forme de cage signalant la mise en abyme d’un monde dont rien ne peut nous libérer...(extrait)
ETC