Cette pièce de Normand Chaurette occupe, autant dans le répertoire québécois que dans le parcours professionnel de l'auteur, une place plutôt particulière. Elle était écrite depuis onze ans lorsqu'Alice Ronfard a décidé, en 1992, de la mettre en scène à l'Espace Go. La pièce était à l'époque, malgré des mises en scène successives et perçues comme peu réussies (par Michel Forgues, en 1982, par Pierre Fortin, de la compagnie < Les Têtes heureuses >, en 1985 et 1985, et d'autres en France et au Canada anglais), réputée injouable et on se demandait quand Normand Chaurette trouverait son metteur en scène. Le travail d'Alice Ronfard rassura le milieu du théâtre; Normand Chaurette était 'jouable'. Par la suite, la rencontre du dramaturge avec Denis Marleau assura à notre dramaturgie nationale de bien beaux moments La reprendre aujourd'hui revêt toutefois une tout autre signification. Cette déconstruction du théâtre, ce télescopage entre des lieux fort différents, lieu de la mémoire et du ressentiment, pour l'un, ce partage à trois niveaux (et même plus) entre théâtre et réalité semblent aujourd'hui appartenir ou presque à une autre ère, relever d'une autre sensibilité, plus expérimentale qu'émotive. C'est sans doute parce....(extrait)

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