Tout oeuvre est un autoportrait, pourrait-on penser, en relisant les théories et les critiques qui analysent l'art à travers son histoire. Bien sûr, les séries d'autoportraits de Van Gogh, mais aussi les machines ludiques de Rauschenberg, les horizons superposés d'Agnès Martin ou les cubes de Donald Judd, tous ont en commun qu'ils laisseraient malgré tout transparaître quelque chose de leur créateur à un moment précis de leur histoire personnelle et sociale. Sortes de saillances inconscientes, qui viennent se greffer tout naturellement aux concepts, qui visent parfois même une objectivation totale, comme ce fut le cas pour l'art minimal. Il ne peut d'ailleurs y avoir de pensée singulière sans ces effractions du subjectif liées au vécu mental, psychique et physiologique qui constitue l'individu. Phénomène où tout se passe dans la fluidité des matières organique, neuronale et cellulaire, sève alimentant la moindre de nos activités...(extrait)

 

ETC