Il y a de ces évidences. La violence nous définit. Elle fomente la société dans son économie et ses rapports politiques de pouvoir, œuvre en nous et qualifie nos rapports avec les autres. Certains philosophes et sociologues pensent qu'il y a eu progrès de l'humanité vers une meilleure justice sociale, de paix et de bonheur et que nous vivons à des époques moins violentes. Peut-être. Mais la conscience médiatisée que nous avons des violences multiformes, tant des conflits guerriers et terroristes que des drames individuels, ne cesse de s'accélérer en temps réel. Et, lorsque s'ajoutent les fictions et réalités virtuelles de la production culturelle (cinéma, télévision, Internet et jeux vidéo), il est juste de parler d'une pléthore de diffusion par écrans interposés. Il en résulte un climat de violence constant, nourri par l'information continue (incluant la propagande) et les productions de la culture de masse. L'art actuel, par certains courants, s'en fait le reflet. Mais c'est aussi une zone de résistance critique, d'alternatives. Il y aurait donc une procédure de la conscientisation accélérée quasi immédiate des horreurs et des crimes comme culture de masse rendant tout abstrait, aseptisé et acceptable, et d'autre part un silence désintéressé de la majorité des artistes, devenus des carriéristes individualistes, aux œuvres hyper fragmentées. Mais des résistances, des dissidences existent. Ce n'est peut-être pas par leur nombre, mais par leur importance symbolique d'engagement éthique par l'esthétique qu'elles font impact. Quelques « situations » socio-artistiques récentes exprimant une créativité manœuvrière et certaines pratiques artistiques originales, tentent d'y « faire écran »...

 

ETC