Semblant de fourrure pour couvrir le « singe nu », le vêtement sert de protection thermique et physique. Dans un même mouvement, il se fait outil de séduction et d'appartenance sociale, qui tour à tour souligne ou camoufle, révèle ou travestit. Cependant, du fait même de sa proximité avec le corps, l'habit devient un médium de contestation et de revendication. Il est cette seconde peau, la peau sociale que l'individu va éprouver afin de trouver les marques de son identité. Ayant recours à des matériaux plus dangereux (épingles, clous) que confortables, telles certaines créations issues de la mode punk, le vêtement ajoute à son statut protecteur et séducteur celui d'agresseur, détenteur d'une violence potentielle, envers soi ou autrui. C'est dans cette violence textile que s'inscrivent les récentes créations de Katarína Kúdelová, jeune artiste d'origine slovaque. Présente pour la seconde année au Salon de la Jeune Création de Paris, l'artiste y a exposé quatre œuvres aux médiums variés qui déclinent le pétard au gré du corps. Difficile d'appréhender le travail de Katarína Kúdelová sur les textiles et les pétards sans explorer son médium favori qu'est la performance, « l'expression la plus directe de la vie » selon elle, qui lui permet de questionner l'identité par le corps. Si les œuvres présentées à la Jeune Création 2004 ne sont pas des performances, elles participent néanmoins aux mêmes enjeux corporels. L'individu, dans les créations de l'artiste, est conçu comme ayant hérité d'un corps qu'il ne parvient pas totalement à faire sien, dans lequel il ne se reconnaît pas. Refusant cependant la fatalité, ce dernier lutte et se cherche. Cette vision dualiste entre corps et identité se retrouve chez les personnes ayant recours à la chirurgie esthétique, notamment dans la transsexualité : ce que leur renvoie le miroir est en décalage, voire en contradiction avec la vision de leur moi profond et tout le travail chirurgical consiste à réconcilier les deux images...

 

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