Face à une uvre
portant sur la violence ou simplement violente, force est de
constater que le spectateur et par extension le critique d'art ne
mettent jamais en doute le lien du contenu de cette uvre avec
la réalité. La violence et la part d'horreur qu'elle
suscite ont une portée émotive certaine, créent
un impact communicatif évident, et si sa présence
particulièrement marquée en art actuel
déstabilise souvent plus qu'elle n'interroge, peut-être
est-ce dû au fait que certains artistes semblent parfois manier
ce sujet avec une certaine forme de complaisance. À ces
uvres univoques, s'oppose l'articulation de nouvelles critiques
de la violence privée ou sociale, des propositions
métaphoriques et narratives qui engagent le spectateur dans
une réinterprétation de l'expérience de la
violence, lui offrant une scène où l'atteinte de
l'espace individuel ou collectif est dénoncée, en
quelque sorte démantelée. Représentative d'une
recherche métaphorique, l'exposition récente de
l'artiste Éric Sauvé, intitulée De valse et
d'abattoir, présentée à la Fonderie Darling,
à Montréal durant le mois de juin dernier, proposait
une installation ayant pour thème central la violence. Prenant
le spectateur au piège en l'entraînant dans un jeu de
renvois entre matériaux et perception, cette uvre
fascine et inquiète à la fois. L'espace est
occupé par huit lustres de verre qui diffusent tous une
égale lumière...
ETC