La démarche la plus rationnelle, la plus objective, qui semble la plus éloignée de l'émotion, de la subjectivité, doit  comprendre  le corps. Un corps qui n'explique rien mais qui ressent. Le lot du peintre est d'être incompétent. C'est-à-dire d'une compétence qui reconnaît que les exigences de la peinture ne sont plus assez hautes pour atteindre ce qui peut ouvrir à nouveau, en lui, du lieu de son savoir celui du non-savoir. D'un non-savoir singulier puisqu'il s'élabore à partir du connu. Mais voilà bien le problème : ce qui se rouvre est toujours inattendu. Voulu, espéré mais jamais de là où il nous attendait. Car c'est lui qui nous rejoint. Ce qui s'attend de l'inattendu du non-savoir est du biographique. Il ne s'agit pas seulement de ce qui porte la mémoire vers certains récits ou anecdotes, mais de ce qui y circule d'atteinte. Quelle est cette trame d'atteinte ? Voilà ce qu'il nous faut comprendre. Le biographique fonde l'oeuvre. Elle y trouve sa substance. La peinture est une rencontre de corps, là est son problème. C'est cette rencontre problématique, d'où l'oeuvre s'élabore, qu'il nous faut saisir, incorporer, afin d'en juguler la violence...

 

ETC