Ne plus rien voir d'être tout entier regard, ne plus bouger d'avoir pour corps ce qui me regarde. C'est sous la forme duelle du (dé)saisissement que se dirait l'éblouissement, éclat de l'instant qui précède l'évanouissement, moment du corps habité d'un soleil qui entre et sort par le regard. Soit l'éblouissement pour métaphore du premier regard, tel celui de l'amour, dans lequel tout est dit mais précisément rien qui puisse s'énoncer. Car rien d'articulable ni de figurable, rien qui puisse faire ici souvenir hors l'événement d'une rencontre avec l'invisible amené à l'état de sensible, de présence donnée aux sens jusqu'à les gagner et les réduire. Et qui revient, la même comme une autre, rencontre avec cet obscur objet du désir dont le surgissement laisse sans plus de voir que de voix...

ETC