Que ce soit dans l'ordre social
ou intime, la violence comme phénomène de
l'activité humaine nous interroge et nous oblige à
réfléchir aux pulsions qui mènent à des
extrêmes, aussi bien qu'à redéfinir des concepts
tels que barbarie et humanisme. À l'époque actuelle, le
recours à la violence est omniprésent, et le sentiment
d'impuissance auquel chacun doit faire face s'alimente d'une
diffusion médiatique sans précédent.
Les corps
décapités, démembrés, brûlés
et pourtant, des hommes s'y acharnent encore. Ce soir là,
à la télévision, on nous dit qu'il s'agit ici de
mercenaires ou de gardiens de sécurité
américains. Or ces masses indescriptibles échappent au
familier pour s'investir de toute l'horreur du monde. Peu importe
l'identité de l'individu au départ, son corps se
dissout ici pour symboliser ce qui existe de violence en chacun de
nous, pour exacerber chaque petit heurt et le dénoncer comme
inacceptable. Nous sommes tous coupables
d'indifférence...
ETC