En 1974, l'écrivain Georges Perec décide d'établir un relevé de ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages 1. Choisissant pour ce faire la très parisienne place St-Sulpice comme objet d'étude, il passe trois journées consécutives à noter sous forme d'inventaire l'activité quotidienne de ce quartier urbain. Soit, ponctué de la description de pigeons et de slogans publicitaires ou du comptage d'enfants et de bancs publics, le va-et-vient des autobus dont il aligne les numéros avec autant de minutie qu'il fait rapport des laisses de chiens ou baguettes de pain tenues par les mains des passants. Et c'est ainsi que du 18 au 20 octobre 1974 s'écrit Tentative d'épuisement d'un lieu parisien, méthodique archivage d'une vertigineuse banalité chapitrée par l'heure qu'il est sous le temps qu'il fait tandis qu'elle se trouve, cette banalité de l'activité urbaine quotidienne, consignée à l'identique depuis les divers postes d'observation que l'auteur a élus. À savoir la fontaine et les trois cafés de la place où il s'installe alternativement durant les trois jours de sa Tentative, préfigurant en quelque sorte la très contemporaine caméra de vidéo-surveillance.... (extrait)
ETC