Puisque se travestir implique des notions de ressemblances et de dissemblances, nous ne pouvons nous enliser dans la sphère de l'imitation sans considérer l'ensemble des pratiques liées à la transformation de l'apparence corporelle. Premièrement, nous devons accepter que le travestissement sexuel soit une pratique qui endosse une part d'artifice, tel un manque à combler, duquel l'habillage du corps incarne et incorpore la personnalité du sujet travesti dans son entièreté. Deuxièmement, soulignons que pour la philosophie traditionnelle, la vérité désigne l'accord de la représentation avec le représenté. Sans contredire cette vérité, l'objet à l'étude : le travestissement comme forme de mimétisme dans la pratique artistique ne peut, cependant, se soustraire du champ de la représentation sans tenir compte du projet d'intentionnalité et d'authenticité qui donne forme à l'image/corps du travesti, soit les liens communs entre la représentation et la présentation de l'identité du travesti : image/corps.

Dans l'histoire des représentations visuelles du travesti, voir Marcel Duchamp, Pierre Molinier, Andy Warhol, Diane Arbus, Robert Mapplethorpe, Steven Meisel, Brian Theis, Richard Sawdon Smith, Lyle Ashton Harris, Philip-Lorca DiCorcia. L'exposition et/ou la (re)présentation du sexe opposé s'est imposée par le truchement des modalités conventionnelles de la représentation dans le cadre de laquelle les stratégies d'énonciation ont complété et accentué le processus d'affirmation des divers types de travestissements créant ainsi une typologie des genres de la sexualité. Cependant, la mise au jour de ces types d'images/corps du travesti n'a jamais permis d'obtenir la reconnaissance du milieu artistique, puisqu'elle n'est jamais arrivée à un consensus sur la manière d'interpréter ces images et d'une certaine façon : le désintéressement de la critique.

Depuis plus de 30 ans, maintenant, l'image/corps devenue matière/toile sur laquelle repose l'affirmation identitaire sert, dorénavant, de locus à l'inventivité et ne cesse de défier les normes de représentation des nouveaux types de sexualité. Tout d'abord dérangeantes, mentionnons, qu'au début du 20e siècle, les représentations du corps/travesti eurent pour but premier d'exploiter la fluidité du gender comme mode de présentation identitaire, et que ce n'est que dans les années 1970 qu'elles ont servi à la démystification de nouveaux types sexués : drag queen, travesti, transgenre.... (extrait)

ETC