Aborder aujourd'hui l'idée de mimésis, à une époque où la philosophie s'est longuement penchée sur le rapport entre l'art et la nature ou, si vous voulez, entre la figuration et la mimésis, ne peut se faire, selon moi, qu'en abordant la notion de dynamisme qu'elle recèle. La raison de ce choix est fort simple. La prédominance, encore aujourd'hui, en art contemporain, de l'image en mouvement bien sûr, mais également la forte récurrence du corps comme sujet de représentation tout particulièrement en photographie et en sculpture. N'y aurait-il pas alors un lien important entre la mimésis et ce sujet spécifique ? Si tel est le cas, comment le mécanisme d'identification opère-t-il ?

Mais s'interroger sur le dynamisme implicite dans la mimésis c'est, à l'instar de Catherine Perret, s'intéresser à la théâtralité. Perret avance, en effet, dans son ouvrage intitulé Les porteurs d'ombre, Mimésis et modernité que mimésis et catharsis sont les deux faces d'une seule et même opération. On aura donc compris que c'est plus particulièrement par le regard de l'expérimentateur que quelques exemples de vidéographie, de photographie et de sculpture seront abordés. Car ne s'agit-il pas là d'un regard essentiel au déploiement de l'¦uvre, surtout lorsqu'il est question d'une expérience évoquée ici par la notion même de catharsis.

La question est donc de vérifier comment s'opère le mécanisme de la mimésis et comment il est particulièrement lié à la nature de l'¦uvre d'art dans une mise en scène permettant de rejouer sans cesse un processus d'identification. Nous verrons, par exemple, que si l'image du corps est primordiale dans les installations vidéographiques et sonores de Michal Rovner, le son concourt aussi très fortement, sinon davantage, à ce processus d'identification. Il initie une projection mentale du corps dans l'espace sonore, matérialisé soudainement... (extrait)

ETC