Ce qui à priori pourrait
ressembler au calme recèle finalement de l'agitation.
Habituellement, une subtile dissimulation suffit à la chose
mimétique. Mais il y a en ce moment, autour de nous, un nombre
impressionnant de créateurs qui usent de doubles langages pour
le moins percutants.
Par exemple, Millie Chen (en page
couverture), abordée par Nathalie de Blois dans son article
sur l'événement Orange. L'artiste superpose des
fragments de réel au réel. Fusions de sens, de
contre-sens, allergies et catharsis sont assurés et notre
compréhension des mélanges des genres s'établit.
Chen reprend la thématique
si moderne du café et l'insère au-dedans du lieu
d'exposition (le centre Expression). Avec ses murs d'un beau rouge
carmin bien chaud, et des tabourets et petites tables noires
admirablement agencés à la belle verticalité du
lieu, on se croirait dans un lieu design bien propret de la rue
Saint-Denis, ou même dans un autre joli petit café de
musée. Bref, bien loin d'une porcherie où l'on
égorge les animaux. Et pourtant... Des cris de porcs servent
de trame sonore sur fond de revendications sociales, et les murs sont
peints de leur sang !
Il y des ¦uvres ou des êtres qui usent du leurre de transformations pour tromper le spectateur surpris de ne pas découvrir ce à quoi il s'attendait (voir les articles de Ludovic Fouquet et de Karl-Gilbert Murray). Et il y a des situations de mimétisme dans l'espace urbain qui avale et renvoie le passant au passant, sans fin (voir les articles de Luce Lefebvre et Magda Wesol-kowska). On trouve aussi des ¦uvres qui ressemblent à d'autres ¦uvres, soit par académisme... (extrait)
ETC