C'est une réalité
évidente que l'art contemporain utilise des effets filmiques
et que les rapports entre eux soient multiples et complexes au niveau
de leur dispositif et de leur physicalité. L'enjeu
esthétique demeure tout de même : celui de rendre
visible l'invisible tout en nous donnant une conscience plus large de
notre environnement. Il existe des interdépendances et des
connivences entre les modes de représentation de l'image.
Entre l'art contemporain et le cinématographique la relation
de réciprocité est parfois historique selon les
conceptions de l'image, physique avec leurs supports, topologique
dans les façons dont elles articulent le temps et l'espace,
perceptive, cognitive et ontologique dans leurs structures
intentionnelles.
Toute vision artistique s'inscrit
dans une logique intrinsèque formelle des techniques, des
matériaux, des supports et dans une intentionnalité
conceptuelle et émotionnelle. Les possibilités de
combinaison, d'hybridation des médiums offrent aux
récepteurs la visualisation des influences réciproques
donnant des capacités multiformes aux oeuvres et des
possibilités que les artistes sont amenés à
explorer.
L'activité artistique, la
production d'images, met en jeu des techniques dont les effets
filmiques sont des constituants dont on doit tenir compte pour
certaines oeuvres. Pensons aux phénomènes de la
création niant ou non l'expression subjective; l'idée
de transmission où les oeuvres sont données à
voir en refusant les réseaux artistiques habituels ou
avec le désir d'en inventer de nouveaux; d'autres
opèrent sur le regardeur et ses mécanismes de
reception. Réfléchissons sur les aspects formels et
iconographiques tels que: l'image photographique, l'image
sérielle et animée, les mouvements de caméra, le
montage, la représentation temporelle, les genres du
récit cinématographique, les jeux sur l'ordre du
récit, les aspects profilmiques, sans oublier les
environnements sonores... (extrait)
ETC